Photo de Roxanne Breton, Conseillère principale chez Transfert

Roxanne Breton

Conseillère principale


Elizabeth Robertson

Directrice de projets


Un contexte réglementaire et social en pleine évolution

Dans un contexte où les exigences réglementaires se renforcent et où les attentes sociales envers les initiateurs de projets sont de plus en plus élevées, l’acceptabilité sociale constitue aujourd’hui un enjeu central pour le développement des projets miniers.

C’est dans ce cadre que, lors de la troisième édition du colloque en participation publique de l’AQP2, tenue le 24 avril dernier, nos collègues Roxanne Breton et Elizabeth Robertson ont présenté une conférence intitulée Acceptabilité sociale et projets miniers : leçons apprises pour tout genre de démarche. En voici un court résumé.

Une réalité plus nuancée qu’on ne le croit

Dans l’imaginaire collectif, les projets miniers sont souvent associés à la contestation et à la mobilisation citoyenne. Pourtant, les données dressent un portrait plus nuancé.

Selon le Baromètre de l’acceptabilité sociale dans l’industrie minière canadienne, une étude nationale structurée permettant d’évaluer la perception des communautés par rapport à l’industrie minière et le niveau d’acceptabilité sociale dont elle bénéficie à l’échelle canadienne :

  • Plus de 75 % des répondants estiment que l’industrie minière est essentielle à la création d’emplois, au développement régional et à la transition énergétique;
  • Plus de 60 % des répondants considèrent que les retombées de l’activité minière l’emportent sur ses coûts.

Fait révélateur, les personnes vivant dans des régions minières ont généralement une opinion plus favorable de l’industrie que celles vivant dans des régions non minières. Cette réalité s’explique par une plus grande familiarité avec le secteur : si ces populations bénéficient des emplois et des retombées économiques, ce sont aussi elles qui vivent les impacts au quotidien.

Cinq grands défis et des leçons clés à retenir

À partir de leur expérience terrain, nos collègues ont identifié plusieurs défis récurrents dans les démarches de consultation dans le secteur minier, mais surtout, des pistes concrètes pour les surmonter.

  1. Un travail de longue haleine

Les projets miniers s’inscrivent sur des horizons très longs, soit plusieurs décennies, de l’exploration jusqu’à la fermeture de la mine et la réhabilitation du site. Les milieux concernés évoluent constamment, tout comme les attentes des communautés.

 

Leçon apprise : le dialogue doit être continu.
La consultation ne peut pas être ponctuelle ou limitée à des moments-clés. Les retours doivent se faire tout au long du projet. Entretenir des relations durables avec les communautés, participer à des événements locaux et créer de véritables espaces d’échange permet de bâtir la confiance.

Ce n’est pas une transaction, c’est une relation.

  2. Un passif historique à ne pas négliger

L’industrie minière porte un héritage complexe qui continue d’influencer la perception des projets actuels. Des pratiques historiquement moins encadrées ont laissé des traces sur les territoires, dont 338 sites miniers abandonnés au Québec. À cela s’ajoutent des projets très médiatisés, qu’ils aient abouti ou non, qui ont fortement marqué l’opinion publique, ainsi qu’une réputation internationale parfois associée à des standards variables d’un pays à l’autre. Face à un nouveau projet, les communautés arrivent donc avec ce bagage, qui peut alimenter une méfiance bien réelle et, dans bien des cas, pleinement légitime.

Leçon apprise : reconnaître la légitimité des préoccupations.
Balayer ces inquiétudes sous prétexte qu’elles reposent sur des informations anciennes est contre-productif. Il est essentiel de partir des mêmes constats, de reconnaître les expériences vécues par les communautés avant d’expliquer comment le cadre réglementaire et les pratiques ont évolué.

L’espoir n’est pas une stratégie.

3. Consulter malgré l’incertitude

Environ un projet d’exploration sur mille mène à l’ouverture d’une mine. Les projets évoluent sans cesse et peuvent changer de propriétaire ou être mis sur pause à différentes étapes. Pourtant, la consultation doit débuter très tôt. L’accumulation de ces inconnus peut rendre la démarche particulièrement inconfortable pour l’initiateur et les communautés consultées.

Leçon apprise : miser sur la mémoire institutionnelle.
Dans un contexte aussi évolutif, la continuité devient essentielle. Une stabilité dans les équipes communautaires et la documentation rigoureuse des échanges évite de repartir à zéro à chaque changement et de maintenir une relation cohérente dans le temps.

L’objectif n’est pas de convaincre à tout prix, mais de travailler avec la communauté pour améliorer le projet, et l’incertitude devient une occasion de le bonifier.

4. Une complexité technique et procédurale importante

En plus d’être longs, les projets miniers sont complexes et hautement techniques. Ils impliquent des procédés d’extraction, des impacts multiples et des processus d’évaluation parfois difficiles à comprendre, notamment au Québec avec l’arrivée de la nouvelle procédure d’évaluation et examen des impacts environnementaux.

Leçon apprise : vulgariser et adapter.
Une communication adaptée aux réalités locales est essentielle. Cela peut passer par des outils visuels, des références culturelles ou des exemples concrets. Le recours à un tiers facilitateur indépendant permet aussi de bien préparer les experts et créer un espace de dialogue plus éclairé, où les questions peuvent être posées sans malaise et où l’écoute prime.

5. Des communautés sursollicitées

La forte croissance des projets liés aux minéraux critiques, la hausse du prix de l’or et la volonté gouvernementale d’accélérer les processus font exploser le nombre de consultations. Les communautés autochtones sont particulièrement sollicitées, souvent au-delà de leur capacité.

Leçon apprise : consulter avec intention.
Il faut faciliter l’accès à l’information, s’adapter au rythme et aux préférences des communautés, et surtout définir des objectifs clairs pour chaque activité. Chaque consultation doit avoir une raison d’être et une réelle valeur ajoutée.

Vers des démarches plus humaines et plus efficaces

Les projets miniers d’aujourd’hui ne peuvent plus se concevoir sans une compréhension fine des réalités sociales, historiques et culturelles des territoires. Les leçons partagées lors du colloque de l’AQP2 rappellent qu’une démarche d’acceptabilité sociale réussie repose avant tout sur l’écoute, la transparence et la capacité à évoluer avec les communautés.

Un projet, une problématique ou une relation à bâtir? Parlons-en!

 

Nous contacter

 

Roxanne Breton

Conseillère principale

Membre du comité de pilotage de l’Association québécoise de participation publique (AQP2), Roxanne est une conseillère principale efficace qui excelle en contexte de consultation publique. Ses connaissances fines en matière de bonnes pratiques en relations communautaires, tout comme sa débrouillardise légendaire, son empathie, ses qualités d’écoute, son sens de l’organisation et ses compétences en matière de vulgarisation et de mobilisation des parties prenantes, font d’elle une ressource appréciée de toutes et tous. Créative et productive, Roxanne se distingue par son autonomie et sa capacité à s’adapter en toute situation.


Elizabeth Robertson

Directrice de projets

Formée en droit et forte de plus de 20 ans d’expérience en communication, Elizabeth est reconnue pour sa facilité à interagir avec une diversité de parties prenantes.

Son parcours l’a menée à travailler sur d’importants mandats en participation publique, tant à l’échelle municipale que nationale. Elle a orchestré des démarches d’envergure dans les domaines de l’aménagement urbain, des infrastructures et en matière de politique publique.

Avant de se consacrer à la participation publique, Elizabeth a œuvré à la radio anglaise de Radio-Canada (CBC Radio), à titre de réalisatrice, animatrice et journaliste. Ce passage dans les médias lui a permis d’aiguiser ses talents de facilitatrice, apte à vulgariser les sujets les plus complexes.