Par: Anik Pouliot

Saviez-vous que vous pouvez prendre part activement à plusieurs décisions publiques, contribuer au développement de projets privés et même participer à la cocréation de nouvelles idées ?

La participation publique peut viser à délimiter l’acceptabilité sociale d’un projet ou à améliorer le vivre-ensemble : c’est une démarche par laquelle on supporte la diffusion de l’information, on échange, on partage nos expériences, on réfléchit ensemble à des solutions. À travers elle, on favorise la transparence, l’appropriation et la résilience.

La synergie des expertises

Croire au potentiel de la participation publique c’est d’abord reconnaître que chaque personne est l’experte de sa propre vie. En donnant la parole au voisinage, aux personnes qui utilisent un espace, qui y vivent ou qui y travaillent, on arrive à mieux comprendre les défis et les opportunités qui lui sont liés.

C’est cette collaboration des différentes expertises et des différentes expériences qui permet de créer de meilleurs projets, répondants à la fois aux intérêts de ceux qui les portent et des communautés qui les accueillent. Pour les participantes et les participants, ça implique d’accepter de prendre part à une discussion qui vise à la fois le bien-être des individus et l’intérêt général de la communauté. Pour les autorités qui auront à prendre la décision, ça implique d’accepter de se laisser influencer.

Tout le monde y gagne

Comment participer au dialogue?

La participation publique, c’est permettre aux personnes et aux organisations de s’engager à définir ou à améliorer un projet selon des règles convenues et avec des objectifs clairement énoncés. Pour y arriver, on peut mettre en place des dispositifs continus ou ponctuels, par exemple des consultations publiques, des comités de bon voisinage, des plateformes de consultation en ligne, des ateliers d’idéation, des journées porte ouverte, des tables de concertation, etc.

Il s’agit de favoriser le dialogue entre les expertises citoyennes, les expertises techniques et les autorités qui ont à prendre une décision. Prenons l’exemple hypothétique du réaménagement d’un parc peu fréquenté, selon les responsables municipaux. Pour augmenter la fréquentation, les paysagistes suggèrent des aménagements floraux plus intéressants. Toutefois, après une démarche permettant la contribution citoyenne, il est possible d’identifier que la faible fréquentation est due à l’intersection pour s’y rendre qui est dangereuse et aux sentiers qui sont difficiles d’accès pour les poussettes. Une mauvaise décision est ainsi évitée.

L’importance d’une démarche rigoureuse

Afin de favoriser le dialogue et la recherche consensuelle de solutions, il faut faire en sorte qu’à la fois les personnes au cœur des décisions et celles qui en sont plus éloignées s’approprient la démarche et se sentent à l’aise d’y participer. Confier la facilitation et la coordination de la discussion à une ressource externe et experte est une pratique reconnue et recommandée.

Cette ressource pourra permettre de vulgariser les enjeux et de créer un espace de dialogue qui encouragera l’expression de la meilleure diversité de points de vue. Le recours à un tiers neutre favorise la participation publique fructueuse. En contexte polarisé, c’est souvent la clé de la confiance envers le processus. C’est son travail d’engager toutes les parties prenantes dans une démarche d’intelligence collective qui permettra de trouver de nouvelles solutions, d’améliorer un projet ou de trouver les meilleures mesures d’atténuation des impacts potentiels.

Lorsque les objectifs sont bien définis, que l’information est accessible et que les règles d’engagement sont claires, les chances de réussites sont augmentées. C’est un peu la version sociale de l’étude de marché en affaires : on améliore collectivement notre niveau de connaissances et l’on s’évite de faire de mauvais choix qui pourraient s’avérer coûteux économiquement ou socialement.